Besoin d'objets familiers,de photos,de points de repère,de portes-bonheur et autres grigris pour se sentir en sécurité.
Il y a des gens qui avouent être superstitieux,d'autres qui le nient avec fermeté pour l'étiquette,mais qui au font,ne le sont pas moins.
Ceux-là portent autour de leur cou,dans leurs poches,toujours à proximité des talismans protecteurs,souvent payés des sommes faramineuses,et parfaitement inutils,tout comme les colliers d'ail contre les vampires.
Tout simplement parce que les vampires étaient,sont,resteront toujours et uniquement des chauves-souris d'Afrique certes dangereuses pour l'Homme,dont la morsure est sans conteste mortelle,mais ne possédant évidemment pas la faculté de prendre forme humaine,ou quoi que ce soit d'autre de ressemblant.
Une souris reste une souris,même quand un chat l'attaque.
De plus,si l'au-delà avait décidé,dans un accès de folie,de communiquer avec notre monde,il le ferait par l'intermédiaire de gens dotés d'un peu de raison,c'est à dire imperméables à ces conneries,et capables de garder son sang froid devant un mouvement d'ombre le 6/6/6...
C'est ce qu'avait toujours pensé Morgane,qui étant en plus étudiante en médecine,ne pouvait et ne voulait se permettre de croire au surnaturel.
Aussi trouvait-elle très amusant son frère qui jurait à ses parents que s'ils ne le laissaient pas garder son crucifix,ne serait-ce qu'une minute,le diable en personne tenterait immédiatement de s'emparer de son âme.
Et pourtant,pourtant,malgré qu'elle trouve ce raisonnement d'une stupidité sans borne,elle même possédait un objet dont elle ne se séparait jamais.
C'était le jour de ses 11 ans,un soir de juin.
Elle marchait dans la rue,pressée de rentrer chez elle,où ses parents devaient l'attendre avec ses cadeaux.
Un inconnu avait surgi,soudain,lui barrant le chemin.
Etrangement,elle n'avait pas été effrayée.Cent fois on lui avait répété qu'il ne fallait pas parler aux inconnus.
Mais elle était fascinée par l'homme devant elle.
Il s'accroupit,et lui attacha autour du cou une chaine en argent,au bout de laquelle était attaché un joli pendentif oval,couleur miel.
Elle le trouvait magnifique,et décida de ne plus jamais s'en séparer.
Demain,elle célèbrerait son 18ème anniversaire.
Elle ne sut jamais qui était cet homme,ni pourquoi il lui avait donné ce collier.
Il n'avait pas rouillé,l'attache n'avait jamais lâché,malgré tout ce qu'il avait enduré au fil des années.
Morgane ne le condidérait ni comme un porte-bonheur ni comme le symbole de quoi que ce soit.
Pourtant elle ne l'enlevait jamais.
Elle se contentait de vérifier de temps à autres qu'il était toujours là,sans ressentir de soulagement particulier en voyant que c'était le cas.
Il était juste là.
A l'occasion de son anniversaire,ses amies l'emmenèrent en boite.
Son fameux collier autour du cou,elle s'amusa toute la soirée.
Vers 3h,tombant de fatigue,elle décida de rentrer.
Seule,dans les rues sombres.
Le lendemain,n'ayant pas vus revenir leur fille,ses parents appelèrent la police,et des recherches furent lancées.
Deux jours plus tard,les premières photos de la victime apparurent.
Les yeux ouverts,la main sur le c½ur,Morgane gisait,l'air terrifiée,la gorge nue.
